Ces villes qui font rêver : Marrakech, une architecture à couper le souffle

La cité marocaine fait sa révolution architecturale. Sur l’impulsion de Saint Laurent, la volonté du roi et grâce à l’investissement de riches mécènes.

Atterrir à Marrakech. Dès la descente de l’avion, on est soufflé par l’architecture de l’aéroport, son nouveau terminal, avec sa coupole de 30 mètres de haut, ses passerelles, ses lieux d’exposition, son esplanade piétonne aux nombreux espaces verts. Une réussite de l’architecte Abdou Lahlou qui figure parmi les plus beaux aéroports du monde. Belle mise en bouche face à l’effervescence artistique et culturelle qui règne à Marrakech. Selon Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées du Maroc, la ville bénéficie de « la révolution royale pour la culture, née de la volonté et de l’implication de Mohammed VI, un visionnaire qui a compris qu’elle est le meilleur vecteur de démocratisation et de développement du pays ». Mehdi Qotbi raconte aussi combien les mécènes amoureux affluent pour booster Marrakech : « Patty Birch, une riche américaine, a assumé la restauration du Minbar de la Koutoubia et celle de Dar El Bacha, devenu le musée des Confluences, situé au cœur de la Medina de Marrakech. » Ce palais est une œuvre architecturale de style andalou qui accueille des expositions temporaires et la collection personnelle de la bienfaitrice, qui a légué au royaume plus de 3 000 objets anciens.

« Emulation énergisante »

Ce musée vient s’ajouter à celui d’Yves Saint Laurent, inauguré en octobre 2017. Pierre Bergé, trouvait « naturel de construire ici un musée consacré à l’œuvre du couturier qui, jusque dans les couleurs et les formes de ses vêtements, doit tant à ce pays ». Quand on arrive au jardin Majorelle, oasis de verdure sauvée au début des années 1980, on ne peut que lever la tête pour admirer l’architecture du bâtiment. Une styliste anglaise s’esbaudit : « C’est tellement dans l’esprit Yves Saint Laurent. » Un jeune architecte français entame la conversation : « Pierre Bergé a fait appel au Studio KO à Paris, dont les deux fondateurs Olivier Marty et Karl Fournier ont créé une architecture marocaine contemporaine. » L’assemblage de cubes habillés de briques permet des jeux de lumière et de texture pour donner un effet dentelle, alors que la conception intérieure rappelle le tissu lisse d’une doublure de vêtement. La réalisation du Studio KO a reçu le Grand Prix Afex à la dernière Biennale de Venise. On est émerveillé par la rétrospective de l’œuvre du maître, dans une scénographie de Christophe Martin qui magnifie les cinquante modèles articulés autour des thèmes chers à Yves Saint Laurent : le masculin-féminin, le noir, les voyages imaginaires… et les incontournables comme la robe Mondrian, le caban, le smoking, la saharienne présentés dans un écrin noir et minimal.

Julie Pingree, designer et architecte d’intérieur française, vit ici depuis dix ans. Elle a vu la ville « devenir cosmopolite, avec une émulation culturelle énergisante ». A son actif, une dizaine de maisons, pour ne pas dire palais, puisqu’elles font toutes plus de 1 500 mètres carrés. Elle fait du sur-mesure, du mobilier aux draps, en s’entourant des meilleurs artisans marocains.

Pour elle, Marrakech est en pleine mutation : « On circule mieux, la ville est plus verte, plus propre. Ce qui a permis de mettre en valeur des quartiers comme ceux autour du centre artisanal. » Julie Pingree a créé avec son père, Robert Rossi, promoteur et architecte, un musée de sciences naturelles, qui devrait ouvrir d’ici deux ans. Dans une des décorations intérieures de Julie, on remarque des œuvres d’artistes contemporains. Celles qui attirent notre attention viennent de la Fondation Montresso. Un lieu qui « soutient la création et la recherche artistique actuelle », indique Claire Guinet, chargée de la communication. A quelques kilomètres du centre, six ateliers accueillent près de trente artistes internationaux et marocains par saison.

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